Location de voiture au Maroc, les prix en chute libre


 Validé le 26/05/2015    567 vues


Location de voiture au Maroc, les prix en chute libre

Encore une victime collatérale de la crise !

Les loueurs de voitures attirent l’attention des pouvoirs publics sur la dégradation de l’activité.

« Nous avons évalué la chute du chiffre d’affaires des opérateurs à 35% », affirme Tarik Dbilij, président de l’Association des loueurs de voitures (Alascam), qui compte plus de 200 membres structurés.

Plusieurs facteurs expliquent la baisse de l’activité dans le secteur.

Il y a certes la crise que connaît le secteur du tourisme.

Les touristes non résidents, qui représentent 70% du chiffre d’affaires des opérateurs, dépensent désormais avec parcimonie.

De plus, l’annulation de certains vols low cost a lourdement impacté l’activité.

Mais la crise que connaît le secteur touristique n’explique pas tout.

« Il existe actuellement une suroffre puisque le nombre d’opérateurs dépasse les 4.500 contre seulement 20 sociétés en Afrique du Sud, dont 12 franchises alors que l’industrie touristique est trois fois supérieure à celle du Maroc », précise Dbilij.

Les opérateurs nationaux totalisent un parc surdimensionné de plus de 62.000 véhicules. Une flotte répartie de manière inégale à travers le pays.

Les prix, d’habitude réduits, sont actuellement cassés.

« Avec un parc de 130 voitures, j’ai réalisé en 2012 un chiffre d’affaires équivalent à celui de 2007, avec un parc de 50 véhicules ! », affirme un opérateur.

A l’origine de la baisse de rentabilité, la baisse généralisée des tarifs.

En effet, en 2002, une voiture de 75.000 DH se louait à 400 DH HT.

Actuellement, le montant de la location d’une citadine de 105.000 DH s’élève à 140 DH HT.

Au cours de la haute saison, la location peut atteindre 400 DH HT, mais cette période ne dépasse pas les 30 jours par an.

La baisse des prix s’explique surtout par la surcapacité et l’arrivée de nouveaux entrants, «qui ne sont pas des professionnels», précise-t-on auprès de l’association.

Aujourd’hui, la concentration des agences de location de voitures dans certaines villes a conduit à l’avilissement des tarifs et des pratiques.

A titre d’exemple, dans l’enceinte de la Kissaria Andaloussia au quartier Maarif et dans un immeuble sur la place Maréchal de Casablanca, l’on trouve respectivement 64 et 60 agences.

Du coup, ces opérateurs, qui emploient chacun au moins trois personnes, sont obligés de se disputer les clients qui viennent se renseigner.

Tous les moyens sont bons pour les séduire, y compris la casse des prix.

Pour survivre, les sociétés structurées sont ainsi obligées de niveler leur tarif vers le bas.

Les problèmes de rentabilité sont enregistrés uniquement dans des villes qui connaissent une sur-offre.

A l’inverse, des villes comme Nador, Oujda, Dakhla ou encore Laâyoune, connaissent même une hausse des tarifs.

Dans d’autres villes telles qu’Essaouira, Rabat, Tanger… les opérateurs sortent leur épingle du jeu car ils se comptent sur les doigts d’une main.

Par ailleurs, la suroffre dans le secteur cache des pratiques frauduleuses.

Des indélicats créent une agence de location de voitures juste pour bénéficier de l’exonération de la TVA au moment de l’achat des véhicules.

Deux ans plus tard, ils procèdent à la revente et encaissent l’équivalent de la TVA. Selon les professionnels, cette fraude est devenue une activité à part entière.

Pour acheter des voitures personnelles dont le prix totalise l’équivalent de la mise de départ, fixée à 500.000 DH, certains couples créent une agence de voitures pour ne pas s’acquitter de la TVA.

Quelques jours plus tard, ils mettent en vente l’agrément de l’agence à 25.000 DH. Autant de pratiques qui sévissent en toute impunité.

Un cahier des charges caduc !

Sans aller jusqu’à demander un plan de soutien, les opérateurs réclament la mise à niveau du secteur.

Ce qui passe par la révision des conditions d’accès à la profession.

« Nous ne demandons pas que le secteur soit verrouillé, mais nous souhaitons que les nouveaux opérateurs puissent partir sur des bases saines », suggère Dbilij.

Elaboré en 1996, le cahier des charges de la profession est devenu caduc.

Les professionnels ont demandé une entrevue avec Aziz Rabbah, ministre de l’Equipement et du Transport, en avril 2012.

Aucun rendez-vous n’a encore été fixé. Mais la réforme devient maintenant une urgence.

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